LA DYSPRAXIE

 

 

La dyspraxie est un trouble de l'acquisition des tâches motrices et de l'élaboration des séquences de geste. L'enfant conçoit  les gestes mais ne parvient ni à les organiser ni à les réaliser de façon correcte : il fait preuve d’une grande maladresse dans ses gestes de la vie quotidienne et toutes ses réalisations motrices ou graphiques sont de médiocre qualité et très brouillonnes. On a même l’impression qu’il n’y met pas du sien. En fait, l’enfant dyspraxique est normalement intelligent mais a des difficultés importantes à réaliser les gestes courants de la vie quotidienne (s’habiller, manger proprement, à éplucher un fruit ….), fait preuve d’une lenteur excessive dans les activités motrices et a beaucoup de mal avec les apprentissages scolaires (collage, découpage, coloriage…).  

A quoi est due la dyspraxie ?

C’est une altération du développement de la coordination motrice indépendante de tout retard intellectuel ou toute affection neurologique spécifique congénitale ou acquise. Ce trouble trouverait son origine dans une immaturité de la région du cerveau qui orchestre la séquence de mouvements nécessaires afin d'accomplir un acte moteur. Jusqu’à ce jour, aucune cause n’a été clairement identifiée.

La ou les dyspraxies ?

Il existerait deux types de dyspraxies :

·        les dyspraxies orales

·        les dyspraxies motrices

Les dyspraxies orales engendrent des difficultés de planification des praxies bucco-faciales (bouche, langue, palais) d’où la difficulté à oraliser correctement un son. L’enfant, ayant des praxies bucco-faciales déficitaires, présentera  un accès au langage oral tardif, une articulation aléatoire, des difficultés à contrôler le débit et l'intensité de sa parole, une tendance à l’hyper-salivation.  Au niveau du langage oral (mise en place tardive du langage, langage approximatif souvent agrammatique, mauvaise articulation, …), l’enfant a envie de communiquer, il sait ce qu’il veut dire mais ne parvient pas à l’organiser correctement pour être compris par son interlocuteur.  

Les dyspraxies motrices, elles, engendrent des difficultés de planification des muscles, des articulations en vue de la réalisation d’un geste.  Ex : les jeux de construction, les puzzles, l’écriture….  

Les dyspraxiques et l’école

L’enfant dyspraxique va dès son entrée en maternelle connaître des difficultés

·        pour découper, coller, colorier sans dépasser, peindre, travailler la pâte à modeler

·        pour se repérer dans le temps, dans l’espace (pas de main dominante, latéralisation floue…)

·        en sports (maladresse corporelle, incapacité à réaliser un saut, une roulade, perte d’équilibre…)

 

Ces difficultés vont s’accentuer au passage en Cp

·        pour écrire (incapacité à former les lettres correctement, à se repérer dans l’espace feuille, difficulté à passer du plan vertical (tableau) au plan horizontal (feuille)….)

·        pour compter

·        pour identifier et tracer des figures géométriques

·        pour réaliser des opérations (impossibilité d’aligner les colonnes convenablement)

 

Plus tard, au collège, c’est au tour de la géométrie de poser (repérage dans l’espace, précision des tracés, alignement, …)

Pour éviter que l’enfant ne perde confiance en lui et qu’il rejette l’école, il convient d’être attentif et de pallier aux difficultés rencontrées en apportant des aides visuelles, mnémotechniques…..qui l’aideront dans la réalisation d’un travail correct. D’autant plus que la dyspraxie peut s’accompagner de troubles annexes comme des problèmes de mémorisation et/ou de concentration, des troubles du langage écrit et oral (dysphasie, dyslexie), des problèmes neuro-visuels, des troubles liés à la construction du nombre, les opérations avec l'aspect spatial de son écriture, la sériation, les translations...Il ne faut pas oublier que ce sont des enfants dotés d’une intelligence normale qui souffrent de ne pouvoir réaliser ce que la plupart des gens font de manière habituelle. Il faut ne pas hésiter à leur laisser du temps et accepter que leurs productions soient de moins bonne qualité que les enfants ordinaires.

Ce trouble est un trouble permanent. Une prise en charge précoce peut permettre à l’enfant de compenser mais l’handicap demeurera. Cela peut éviter une déscolarisation et à terme une marginalisation.