LA DYSGRAHIE

 

L'apprentissage du geste graphique constitue pour l’enfant une découverte qui peut s’avérer très ludique, porteuse de grande joie tout comme l’apprentissage du langage et du dessin ou au contraire être source de difficultés et d’angoisse.  Pour parvenir à apprendre et à maîtriser le geste graphique, l’enfant doit progressivement canaliser son énergie en vue d’une réalisation certes personnelle mais obéissant à des règles très précises.

La dysgraphie est un trouble qui affecte

  • la graphie

- des lettres et des chiffres (atrophie, mollesse, reprise, retouche, mauvaise de la taille des lettres...),

- les liaisons entre celles-ci (téléscopages),

- le tracé (trop léger, écrasé, tremblotant…).

  • la mise en page

- les espaces irréguliers entre les lignes, les mots, les lettres,

- l’absence de marge,

- les téléscopages dans les sens horizontal et vertical.

 

Pourquoi l’enfant n’arrive-t-il pas à former correctement les lettres ?

 Les raisons pour lesquelles l’enfant peut peiner à former correctement les lettres sont multiples :

  • une mise en place du schéma corporel difficile

  • une organisation spatio-temporelle très aléatoire

  •  une coordination oculo-manuelle déficiente

  • une préemption de l’outil scripteur problématique

  • des pré-requis à l’écriture (trait horizontal, trait vertical, trait oblique, rond, pont, vague, boucle) non maîtrisés

  • des troubles annexes : dyslexie, hyperactivité, difficultés de concentration et de mémorisation…

  •  l’existence d’un traumatisme.

 

Que faire face à ce trouble ?

L’enseignant, qui suspecte un tel trouble, se doit de mettre en relation l’enfant avec un psychomotricien qui fera un bilan de graphomotricité.  Selon la gravité des difficultés, celui-ci pourra mettre en place

  • un travail de relaxation : travail sur la respiration, travail de relaxation et de détente pour lever les tensions

  • une éducation motrice de la main : mouvements d’échauffement de la main ( tonicité, assouplissement des articulations, individualisation des doigts), travail de coordination oculo-manuelle…

  • un travail spécifique sur les pré-requis d’écriture

  • des exercices sur le schéma corporel.

 

L’enseignant, lui, doit accès son travail sur une prise en charge multi-sensorielle.

Si les pré-requis (trait, rond, boucle…) sont d’accès difficile, il ne faut pas hésiter à utiliser

  • les sensations kinesthésiques (ex : tracé du mouvement graphique dans le dos), l’image mentale (ex : faire fermer les yeux à l’enfant et lui faire imaginer le contour d’une forme),

  • le feed-back-auditif (ex : accompagner le mouvement graphique de la parole),

  • des supports pédagogiques adaptés (ex : support plastifié facilement effaçable pour que l’enfant puisse aisément corriger ses erreurs sans que celles-ci soient définitives comme sur le support papier).

 

Si ces difficultés persistent malgré la ré-éducation et la prise en charge spécifique de l’enseignant, il ne faut pas hésiter à avoir recours à l’ordinateur. L’enfant n’a plus à se concentrer sur la forme des lettres et peut alors rentrer plus facilement dans l’orthographe et la production d’écrit. Il faut savoir que l’écriture exige beaucoup de  concentration (mémoriser le patron des lettres, gérer la liaison des lettres entre elles,  maîtriser la tonicité du geste…). L’énergie que l’enfant emploie à écrire correctement ne peut pas être mise à choisir ses mots et à construire l’organisation d’un écrit.

La dysgraphie comme tous les troubles des apprentissages doit donc conduire les professionnels à prendre en charge l’enfant dans sa globalité et non à travers ses symptômes proprement dit. Ce n’est pas parce que l’enfant n’arrive à former ses lettres, qu’il n’a rien à dire. Même si la forme n’est pas toujours présente, cela ne veut pas dire que le fond n’y est pas. Tout enfant, même handicapé, a un potentiel : à chaque professionnel de le chercher et de la valoriser.