La dyscalculie  

 

 La dyscalculie est un trouble sévère et durable qui touche l’acquisition des structures logico-mathématiques : l’assimilation des concepts fondamentaux, l’acquisition de la numération, la réalisation des opérations mathématiques et les situation-problèmes.

 

Le dysfonctionnement de l'apprentissage du calcul touche donc trois niveaux distincts :

  •         la construction du nombre

  •         le sens des opérations

  •         la résolution de problèmes.

On distingue la dyscalculie développementale de l’acalculie acquise.  

  • la dyscalculie développementale est un trouble de la perception des nombres en rapport avec une désorganisation des neurones de la région pariétale du cortex.

  • l’acalculie acquise est l’impossibilité d’appréhender la notion nombre suite à une lésion cérébrale.

 

Les origines de la dyscalculie

La dyscalculie est liée 

  •        au développement mental

  •        à la mise en place du langage

  •         à l’apprentissage de la lecture

  •        à la structuration espace-temps

  •         à la latéralisation

  •         au raisonnement

  •         à l’affectivité

 Les causes de la dyscalculie sont multifactorielles. Les dernières recherches en la matière permettent d’affirmer 

  • qu’il s’agit d’un trouble neurologique (atteinte du fonctionnement du cerveau). La dyscalculie serait liée à une désorganisation des neurones dans la zone intra-pariétale du cortex.

  • qu’il existe un déterminisme génétique : la dyscalculie est souvent présente dans les pathologies du Syndrome de Turner, de l’X fragile ou du Syndrome de Williams. De plus, chez les jumeaux monozygotes, si un est atteint, le risque est de 70 % pour le second. 

  •  qu’il existe un lien avec la grande prématurité (problème lors du développement cérébral) ou de la consommation d’alcool pendant la grossesse.  

  • qu’il y a un lien avec la dyslexie.

 

Les manifestations de la dyscalculie

La dyscalculie se manifeste par

  • des troubles de l'organisation dans l'espace : difficulté à gérer les notions de droite-gauche, haut-bas, sur-sous

  • des difficultés à comprendre la symbolique des chiffres : incapacité à faire dérouler dans l’ordre la chaîne logique des chiffres, difficulté de comptage de 1 à 10, inversion de la position des chiffres, non automatisation de la comptine numérique

  • des difficultés à évaluer à l’œil nu des petites quantités

  • des difficultés à manipuler les opérations : difficulté à réaliser des opérations simples (5-3 = 2), à gérer les notions d’alignement pour les opérations, à manipuler les retenues…

 

Les signes d’alerte

  • L’enfant dyscalculique a des difficultés persistantes en mathématiques.  

  • Il ne peut se libérer du matériel concret.

  • Il compte sur ses doigts jusqu'à la deuxième ou la troisième année du primaire.

  • Il apprend par coeur le résultat d'opérations arithmétiques, mais ne les comprend pas.

  • Il a du mal à calculer mentalement

  •  Il peine à lire et à écrire les chiffres

  • Il a des difficultés à comprendre le langage mathématique (symboles et lexique mathématique)

  • La répétition et les exercices systématiques n'apportent que peu d'amélioration.

  • Il éprouve de grandes difficultés à se représenter et à manipuler les formes géométriques, à lire l'heure, à évaluer des distances ou des laps de temps et à reconnaître des suites numériques régulières.

  • Les devoirs de maths à faire à la maison sont laborieux et le temps consacré très coûteux.

  • Les échecs en mathématiques provoquent un rejet de l’école.

 

Les aides pédagogiques

  • Utiliser des logiciels de mathématiques spéciaux (Géotraces, Géomesures, Cabri)  

  • Utiliser la calculette pour ceux qui ont du mal à retenir les tables ou à calculer.

  • Laisser un temps supplémentaire pour les exercices du fait de la lenteur de l’enfant

  • Lire les énoncés à haute voix pour ceux qui ont des difficultés de lecture

  • Utiliser des gabarits pour poser les opérations pour supprimer le problème de l’alignement

  • Privilégier les situation-problèmes en liaison avec la vie quotidienne.

  • Utiliser des techniques multi-sensorielles pour favoriser la mémorisation (ex : chanter les tables de multiplication, …)